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L’eau du lac est-elle polluée par des particules de pneus ?

L’eau du lac est-elle polluée par des particules de pneus ?

Source : Annecy Bouge · 17 septembre 2026

Le 14 septembre dernier était diffusé un reportage sur France 5 concernant la possible présence dans le lac d’Annecy de particules chimiques issues de pneus, dues au fort traffic routier le long des routes. Le lac dessert ensuite 73% des infrastructures en eau courante dans le bassin.

Le 14 septembre dernier était diffusé un reportage sur France 5 concernant la possible présence dans le lac d’Annecy de particules chimiques issues de pneus, dues au fort traffic routier le long des routes. Le lac dessert ensuite 73% des infrastructures en eau courante dans le bassin.

Que risque t-on alors à se baigner ou à boire cette eau ?

Images issues du reportage de France Télévisions

Le constat

Depuis 2018 plusieurs groupements de pêcheurs alertaient sur la diminution des populations de poissons, notamment l’omble chevallier, une espèce de salmonidés très répandu dans notre lac. Une équipe de journalistes d’investigation de France 5 s’est alors saisi du dossier après avoir enquêté sur la pollution routière au sud de Lyon en 2022 et a mené l’enquête sur les rives du lac et auprès des habitants de la région. Après plusieurs mois de relevés et d’analyses le constat est sans appel : on retrouve des traces de micro-particules dans l’ensemble des échantillons.

Mais quel danger cela représente ? Et bien pour l’instant aucun, d’après les scientifiques.

© France Télévisions

Enquête en eaux claires

Qu’est-ce qui a été étudié exactement ? Les journalistes de France 5 ont cherché la présence de deux composés chimiques présents dans les pneus : la DPG et le 6PPD. Un pneu moyen perdrait environ 4kg de gomme tous les 40 000km, des résidus qui se retrouvent dans l’air et dans les eaux pluviales qui se déversent ensuite dans le lac. Le 6PPD-Q est mis en cause dans la hausse de mortalité d’espèces de saumon en Amérique du Nord, d’où la présomption que leur présence dans le lac causerait la diminution de la population d’omble chevallier; tandis que la DPG serait potentillement toxique pour l’humain.

L’équipe de journalistes a donc effectué plusieurs relevés : des échantillons d’eau de surface et d’eau profonde, au large et près des routes, par temps clair et temps pluvieux. Elle a aussi installé des filtres à air et analysé les urines d’habitants d’Annecy et l’eau du robinet chez eux. Le reportage diffusé sur France 5 détaille toute l’enquête et les conditions de ces relevés, et le rapport de France Nature Environnement (FNE) détaille davantage les résultats de cette étude.

 

On s'expose tout autant aux particules plastiques en manipulants des jouets ou en mettant des gants en caoutchouc qu'en buvant l'eau du lac.

Contre-enquête des scientifiques

L’Observatoire des Sciences de l’Univers de Grenoble publie sur son site un rapport visant à éclaircir les différents biais de l’enquête journalistique en apportant des précisions et remettant en cause certains procédés. Par exemple, la durée trop courte des relevés, les conditions météo (la pluie maximise forcément le taux de polluants) et la possible contamination des échantillons au vu des taux très faibles qui doivent être relevés.

La conclusion ? On s’expose tout autant (voir plus !) aux particules plastiques en manipulants des jouets ou en mettant des gants en caoutchouc qu’en buvant l’eau du lac. Egalement d’après leurs analyse l’omble chevallier n’est pas du tout menacé par ces particules contraitement à son cousin américain, bonne nouvelle donc même si on peut toujours s’inquiéter du constat des pêcheurs.

Et maintenant on fait quoi ?

Même si cette contamination ne présente pas de danger immédiat pour la santé publique, on est encore qu’au début de la recherche sur cette pollution routière partout en France et dans le monde. Peut-être que ces conclusions changeront avec le temps, en tout cas il est important de rester vigilant sur ces problématiques environnementales et de rendre ces enquêtes le plus visible possible pour en faire des questions majeures ces prochaines années dans le débat public. Il existe peut-être des dizaines d’autres polluants dont on ignore tout dans notre cher lac… ou ailleurs.

En attendant, tu peux te baigner l’esprit tranquille !